Le problème des sources en acupuncture I

Lettre Mensuelle novembre 2006
Bonjour Amis de l’Acupuncture,
La liste de ceux ou celles qui s’intéressent à la Lettre Mensuelle s’allonge. J’y ajoute peu à peu les adresses de personnes qui se sont intéressés à nos activités et dont j’ai gardé les coordonnées. Rappelez-vous qu’il suffit de m’envoyer un courriel pour ne plus faire partie de la liste. Vous pouvez également m’envoyer les adresses de vos connaissances que cela intéresserait éventuellement.
Cette liste ne se limitant pas qu’aux praticiens j’évite d’être trop technique ou de donner trop de précisions sur tel ou tel traitement. Il ne s’agit pas de proposer un cours par lettre mensuelle mais plutôt d’écrire sur ce qui ne s’y trouve pas mais qui concerne quand même le monde de l’acupuncture.
Il en est ainsi des « sources » de l’acupuncture. Sur quoi nous appuyons nous ? D’où tirons-nous nos informations ? Quelle valeur pouvons-nous leur accorder ? Comment faire le tri dans l’abondance de références, et comment vérifier l’authenticité de celles-ci ? Parmi les centaines d’ouvrages (peut-être plus) qui ont été publiés depuis les dernières décennies et dont nous disposons d’un exemplaire, auxquels pouvons-nous faire foi et desquels devons-nous nous défier ? En fonction de quels critères ?
Comme vous voyez les questions sont multiples, l’une en amenant une autre, et il n’est pas dans mon intention de faire un cours entier sur le sujet mais simplement de vous y sensibiliser.
Les obstacles à une utilisation correcte des informations sont donc multiples. Il faut dire que tout nous vient d’abord de bien loin, dans l’espace et dans le temps.
Au début, comme dans toute civilisation et toute culture, il y eut la tradition orale, dont on retrouve encore maintenant les méthodes de mémorisation dans certains textes où dominent la versification, la rime, le rythme et la répétition d’une part, la transmission de secrets de maître à disciple qui presque par définition ne se fait que de bouche à oreille.
Puis, lorsque s’imposa la tradition écrite, la transmission des informations se fit plus systématique, mais la plupart du temps sans l’appoint de la critique objective ou rationnelle et sans la méthode de critique historique qui fut développée il n’y a pas si longtemps. Cela est tout à fait normal en fonction du niveau de connaissances à cette époque.
Il faut dire que l’analyse et l’évaluation de ces informations sur les théories, les techniques les traitements, nous oblige à confronter plusieurs obstacles :
1. L’écriture.
2. Les livres.
3. La formulation et les caractéristiques de la pensée chinoise.
En d’autres termes, pour apprécier à leur juste valeur les sources que nous possédons il faudrait être sinologue, et même plus, sinologue spécialisé dans le domaine de la médecine chinoise. Or il y en a très peu. Ces derniers peuvent se compter sur les doigts d’une main ! Alors que faire ? Se tourner vers l’autorité d’origine, les spécialistes chinois ? Jusqu’à un certain point, oui, mais ils manquent souvent de rigueur critique et acceptent parfois trop facilement ou aveuglément ce qui vient de leur propre passé. De plus le processus d’adaptation à notre monde occidental est souvent mal effectué, si ce n’est pas du tout, avec l’argument suivant : cela se fait ainsi chez nous, pourquoi pas chez vous ?
Il existe également un groupe de quelques dizaines de médecins (donc formés aux méthodes modernes et scientifiques) et qui ont fait l’effort d’apprendre le chinois parlé et écrit, et qui ont donc la possibilité de consulter les livres en chinois, qui ont acquis une certaine connaissance de la culture chinoise et de la manière de penser des cerveaux chinois, et peuvent donc avec prudence émettre des opinions, des jugements, des appréciations plus autorisés. J’appelle cette catégorie les « sinophiles » et j’en fais partie. La prudence dans la réflexion et dans les affirmations est de mise, mais nos connaissances sont très utiles pour débroussailler le terrain, sélectionner les textes, vérifier les affirmations ou les citations. Mais seulement jusqu’à un certain point.
Il existe encore une catégorie : ceux qui ont appris l’acupuncture et/ou la médecine chinoise et/ou la langue chinoise mais qui n’ont pas de formation scientifique. Tout dépend alors de leurs caractéristiques individuelles, de leur rayon de connaissances, de leur esprit d’analyse et de réflexion.
Ah ! J’oubliais ceux qui, ans aucune formation, mais nantis d’un dictionnaire et de quelques cours, se lancent avec enthousiasme dans le commentaire de textes ou même d’idéogrammes.
Mais le danger guette ! La tentation de devenir un « sinofana » est parfois irrésistible, ce qui entraîne la perte de l’esprit critique. On devient alors un intransigeant de la Tradition, au détriment de la lucidité et de l’objectivité.
Toutes ces catégories se fondent parfois les unes dans les autres, formant un réseau de connaissances à divers niveaux de qualité, de fiabilité, d’autorité, et il n’est pas évident de s’y retrouver. Aussi tout ce qui est dit ou écrit sur l’acupuncture ou sur la médecine chinoise doit être reçu avec prudence…
Heureusement il existe un « noyau de base » sur lequel presque tout le monde est d’accord (même parfois les tenants de l’acupuncture contemporaine). Nous en reparlerons une autre fois.
Bonne journée, Amis de l’Acupuncture, et au mois prochain,
François Beyens
N’hésitez pas : visitez le site : www.acupuncture-plus.org
Apprenez à me connaître, ayez envie d’en savoir plus, commandez le Tome I, le Tome II, ou les deux (avec un cadeau à la clef) ou contactez-moi pour plus de renseignements.
Attention, toutes les modalités d’achat ne sont pas encore opérationnelles. Un peu de patience.
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