Wednesday, September 27, 2006

Acupuncture et enfants


Lettre Mensuelle septembre 2006

Bonjours, Amis de l’Acupuncture,

J’ai envie de commencer aujourd’hui par une petite histoire. Les chinois ont un humour souvent très fin et nuancé. En voici un exemple :

« Chen Wan était un homme très vulgaire, mais il avait beaucoup d'argent. Il se fit construire une belle demeure, qu'il remplit par la suite d'objets d'art, porcelaines, livres précieux, rouleaux de peinture et de calligraphie. Un connaisseur vint à passer dans les environs, et Chen Wan l'invita chez lui pour faire admirer sa collection. Il laissa à son invité le temps de tout regarder, puis lui déclara:
- Si vous trouvez quoi que ce soit de discordant ou d'inapproprié dans cette maison, dites-le moi et je le ferai enlever.
- Votre collection est sans aucun doute magnifique, répartit le visiteur, mais il y a en effet quelque chose qui devrait en être retirée.
- Et quelle est donc cette chose? demanda Chen Wan.
- Votre Honorable personne, fut la réponse. »

La relation d’un praticien de l’acupuncture avec son patient passe par l’aiguille. Une relation délicate et pointue (avec et sans jeu de mot). Ce petit instrument indiffère la plupart mais fait pour un certain nombre de personnes l’objet d’une terreur pour le moins disproportionnée. Mais ces états peuvent dépendre de nombreux facteurs.

Tout au début de ma pratique (les années 70 commençaient à peine) je travaillais avec un confrère qui voulait prendre sa retraite et me transmettre ses patients. Le lieu était vieillot et sombre : une grande salle divisée par des cloisons sur pied en contreplaqué mince, qui n’allaient pas jusqu’au sol et s’élevaient à peine jusque deux mètres. C’est vous dire qu’on entendait tout d’un réduit à l’autre, ce qui d’une certaine façon donnait de l’ambiance mais par contre empêchait les patients de s’épancher sur leurs états d’âme, de corps ou d’existence. Il fallait alors que je les transfère dans mon bureau où ils pouvaient se confier en toute discrétion. Je conterai ailleurs et en détail cette ambiance particulière.

A cette époque l’acupuncture était (trop) à la mode. Les parents amenaient leurs enfants, parfois très jeunes, qui n’osaient se rebeller, et sur qui je pouvais poser (oui, on dit « poser ») plusieurs aiguilles en or et en argent, courtes mais très épaisses. Malgré ma dextérité cela devait certainement être douloureux mais les enfants que leurs parents avaient pu convaincre ne se plaignaient pas.

Les aiguilles que nous utilisons tous maintenant sont en acier inoxydable, et très fines. Leur pointe acérée facilite une pénétration presque sans douleur. Mais les enfants se rebellent et, à de rares exceptions près, refusent de se faire soigner. Pourquoi ?

Il est vrai que la grande majorité des enfants acceptent les vaccins, les injections dans la fesse, même les prises de sang. Mais cela ne prend que peu de temps, et ils ont à peine le temps de réaliser ce qu’on leur fait que c’est déjà fini.

Par contre, lors d’un traitement par acupuncture, on les pique avec PLUSIEURS aiguilles. Pire, elles doivent rester sur place pendant au moins quinze minutes (environ), et ils ne peuvent bouger ! C’en est trop, le refus s’affiche catégoriquement. Je les comprends, mais je le regrette car l’acupuncture donne de bons résultats chez les jeunes et les plus jeunes.

Alors il existe des procédés non pénétrants comme le massage ou le laser. Mais j’aime tant mes aiguilles !

Retournez à mon site :
www.acupuncture-plus.org . Je l’ai modifié quelque peu. Vous pouvez également retrouver mes lettres précédentes sur mon blog :

http://uneminedinformationssurlacupuncture.blogspot.com/

Apprenez à me connaître, ayez envie d’en savoir plus, commandez le Tome I ou contactez-moi pour plus de renseignements.

A bientôt, Amis de l’Acupuncture,

François Beyens