Thursday, July 27, 2006

Les catégories de patients

Bonjour, Amis de l’acupuncture,


Le mois de mai commence un peu frileusement chez moi, mais en marchant dans mon quartier le parfum du muguet nous enveloppe à chaque coin de rue. C’est un bon jour pour une lettre mensuelle, avant de m’envoler dans quelques jours pour Moscou et puis Vilnius en Lituanie. Entre temps je m’occuperai de patients, je préparerai des communications pour des congrès. J’attends l’épreuve de mon deuxième volume, je peaufine l’édition anglaise du premier, et je pense au troisième pour lequel j’ai réservé le temps de l’été.


Lorsqu’on s’installe comme praticien de l’acupuncture, quel est le profil psychologique des patients qui viennent se faire soigner ? L’éventail est-il le même que chez un médecin généraliste ou un rhumatologue ?


1. Certains se présentent avec un a priori favorable envers toute forme de médecine « autre » (nous reviendrons sur la terminologie pour désigner ces médecines ou ces techniques qui ne font pas partie (encore ?) de la médecine que nous apprenons à l’université.


- Les théories de l’acupuncture, ainsi que celles de la médecine chinoise traditionnelle, représentent une forme de vision synthétique de l’homme inséré entre la santé et la maladie.

- Ces patients ressentent une affinité marquée pour les médecines dites plus naturelles et qui semblent s’adresser à la personne plutôt qu’au corps.

- Ils ont développé une certaine méfiance (à tort ou à raison) envers les conceptions parfois trop mécanicistes de notre médecine moderne.

- Ils savent qu’en général le praticien est un médecin ou qu’il possède un bagage de connaissances médicales et scientifiques qui lui permettent de situer l’acupuncture dans un cadre de possibilités thérapeutiques raisonnables.

- L’approche constituée par les théories médicales ou acupuncturales chinoises apaise le conflit entre la nature et la technique, et représente d’une certaine façon un retour aux sources de la nature de l’homme.

- Et puis, il faut le dire, il y a une forme de fascination pour ce qui nous vient d’ailleurs, d’autres civilisations, d’autres cultures, qui apportent des réponses différentes à nos multiples questions existentielles ainsi qu’à nos demandes pragmatiques.

2. D’autres sont à priori sceptiques vis-à-vis d’une médecine « non scientifique ». Alors me direz-vous, pourquoi viennent-ils ?

- La médecine « scientifique » n’a pas pu trouver une solution suffisamment satisfaisante ou adaptée, alors pourquoi ne pas essayer autre chose, même si on n’est pas convaincu au préalable ?

- Ils sont poussés par la famille, par les amis, par une rencontre, une histoire.

- Ils ne sont pas trop exigeants quant aux résultats puisque même la médecine à laquelle ils adhèrent n’a pu les soulager ou les guérir.

Voilà donc nos patients placés en deux catégories. Est-ce donc si simple ? Bien sûr que non, il y a une large palette de nuances d’un patient à l’autre, et vous devrez toujours en tenir compte lors de vos approches. Mais mon intention était de susciter en vous la réflexion sur un des aspects qui vous permettra de mieux cerner le patient en face de vous.

Tenez : souvent les patients (un peu) méfiants vont vous demander comment vous arrivez à déterminer l’endroit où vous enfoncez l’aiguille. Que leur répondre ? Apprentissage + lectures + répétition + expérience + intégration + assimilation, etc.

Tout cela se trouve détaillé dans mon premier tome, où je présente ce formidable outil de repérage des points que les praticiens chinois ont mis sur pied au cours des siècles. Que ce soit dans les manuels ou lors des enseignements il est trop souvent négligé ou bien proposé de manière sommaire. Alors j’en ai fait un chapitre structuré et logique. En voici un petit extrait :


POURQUOI LES TEXTES PASSENT-ILS A COTE DU BUT???

1. L’essentiel de l’enseignement consistait pour l’étudiant, pour le « disciple », à regarder travailler son maître, à lui poser des questions - auxquelles le maître ne répondait pas toujours - et à lire les quelques classiques que possédait le maître. Ces classiques sont des espèces d’aide-mémoire pour un enseignement fondamentalement pratique, et qui durait parfois des années. Donc il n’était pas essentiel d’approfondir par écrit la précision et le détail dans la localisation d’un point, le nécessaire se passant au cours de l’apprentissage pratique.
A part quelques moments au cours de l’histoire de la Chine, où l’acupuncture était intégrée dans les enseignements contrôlés par l’état, celle-ci était transmise par un praticien expérimenté à des étudiants plus jeunes, souvent ses propres enfants, mais parfois des aspirants-étudiants venus du village voisin ou de plus loin, attirés par la célébrité du praticien, par ses guérisons, par son succès. Il fallait souvent l’intervention d’un tiers qui servait d’entremetteur car le praticien ne pouvait pas perdre son temps (ni la face) à marchander le prix de son enseignement. Une fois d’accord sur la somme à verser, il se devait d’officialiser cela par un banquet où le praticien invitait ses amis et ses confrères, un banquet payé par le futur disciple, et dont le nombre de tables et la qualité des mets reflétait la face que gagnait le Maître. Avant de se mettre à table il fallait se prosterner devant l’autel des ancêtres, prononcer des discours de circonstance, le futur disciple s’inclinait devant son futur maître. Pendant le repas les toasts et les petits discours n’arrêtaient pas, chacun y allant de son couplet ou de son souvenir.
Ce n’est qu’alors, à la fin du repas, que le disciple pouvait se considérer vraiment disciple. Je raconterai ailleurs ou dans un autre livre, comment j’ai vécu cette expérience avec le professeur Wu Weiping…et je referme la parenthèse, revenons à nos points.
2. Voilà pour les ouvrages anciens. Là je comprends. Mais même dans les auteurs modernes, les textes ne sont pas assez pratiques, pas assez utiles, ou bien ils croulent sous des détails dont on n’a que faire.
J’ai souvent l’impression que les livres modernes ont été écrits à la va-vite, sans beaucoup de relectures, se copiant mutuellement ou s’inspirant des mêmes textes chinois. C’est ainsi que pendant près de 40 ans les auteurs français se sont tous inspirés de Soulié de Morand…sans aucune référence à d’autres textes chinois (ou japonais), sauf ceux mentionnés par Soulié de Morand. Il a fallu attendre la fin des années soixante pour voir apparaître d’autres sources et des ouvrages indépendants de toute inféodation au premier « Maître » français.
Bref, revenons à notre sujet. Il manque une présentation systématique et claire du problème et des méthodes, une tâche à laquelle je vais m’atteler avec vous séance tenante! .....»


Le premier tome vous tente? Allez sur mon site de base: http://www.blogger.com/www.acupuncture-plus.org , cliquez sur Livres et puis sur Commander...

1 Comments:

At Sunday, August 13, 2006, Blogger blogaccount54 said...

Very best site. Keep working. Will return in the near future.
»

 

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